Parenthèse #9 – Les messages non lus

Il y a des messages auxquels on répond tout de suite, par réflexe. Un « OK » ou « Oui, je m’occupe du pain en rentrant. »
Et puis il y a les autres.
Ceux qu’on ouvre en se disant “je réponds dès que j’ai deux minutes” — et qu’on laisse finalement en suspens pendant des jours.

Ce n’est pas qu’on n’aime pas la personne.
Ce n’est pas qu’on n’a rien à dire.
C’est juste que le moment ne s’y prête pas. Et on souhaite justement prendre le temps d’y répondre car nous tenons à engager une discussion sincère.
On est en réunion, en retard, épuisé, en train de faire à dîner, ou tout simplement sans l’énergie d’entamer une conversation.
Alors on laisse le message là, comme un petit caillou sur le chemin, en se promettant d’y revenir plus tard.

Le problème, c’est que le “plus tard” se transforme souvent en “jamais”.
On se sent coupable.
On relit le message, on se dit “il faut absolument que je réponde”, on ferme l’application… et on recommence le lendemain.
Jusqu’à ce que la gêne s’installe et qu’on ne sache plus par où commencer. Ou qu’il soit trop tard pour répondre à ce bête « Coucou, ça va ? » Vieux d’il y a 6 mois.

Je crois qu’on devrait être plus indulgents avec nous-mêmes là-dessus.
Répondre à quelqu’un n’a pas besoin d’être immédiat pour être sincère.
Un message envoyé trois jours plus tard peut être tout aussi tendre, tout aussi important.
Et parfois, il vaut mieux attendre d’avoir l’esprit tranquille pour écrire un vrai mot que d’envoyer un “Ca va et toi ?” à la va-vite juste pour se débarrasser.

La prochaine fois que tu verras un message en attente, respire.
Réponds si tu le peux.
Et si tu ne le peux pas, ne t’en veux pas.
Ce qui compte, ce n’est pas la rapidité de la réponse, mais l’intention qu’elle porte quand elle arrive.

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