Il y a une habitude que je traîne depuis l’enfance.
La chanson a changé — exit Lorie et Jenifer — mais le rituel est exactement le même depuis mes huit ans.
D’abord, le costume : t-shirt et culotte. Rien d’autre.
Il faut être à l’aise pour ce moment.
Ensuite, les rideaux tirés, la pièce dans le noir complet — je ne veux ni être vue, ni voir mon reflet.
Les écouteurs sont indispensables. Pas pour entendre mieux, mais pour ne pas m’entendre chanter.
Je mets ma playlist, et c’est parti.
Je ferme les yeux et je m’imagine sur scène : le Stade de France, Coachella, peu importe.
Je chante à plein poumons, je vis mille histoires d’amour et autant de ruptures en une seule soirée.
Sur le lit, debout, sautant, improvisant.
La hauteur du matelas devient ma scène, et l’instabilité me sculpte les cuisses — bonus inattendu.
Et c’est fou ce que ça fait du bien.
Depuis que je vis en couple, dans un petit appartement, j’ai beaucoup moins pratiqué ce rituel.
Par honte peut-être, ou par peur d’être entendue.
Mais en emménageant dans une maison, c’est l’une des premières réflexions qui m’est venue :
“Ah, je sais exactement à quoi va servir le lit de la chambre d’amis.”
Alors j’ai expliqué à mon compagnon ce rituel étrange.
Il a ri, mais il a compris.
Maintenant, quand je dis “je m’isole 30 minutes”, il sait ce que ça veut dire.
Il monte le son de la télé de son côté, et moi je monte le son dans mes écouteurs.
Et quand je ressors de la chambre, je suis vidée — mais de la bonne façon.
Parfois, pour se sentir mieux, il ne faut pas parler, ni méditer, ni chercher une solution.
Il suffit de chanter très fort, de danser dans le noir et de redevenir cette enfant qui se croit en concert devant des milliers de personnes.
Et vous, quel est votre rituel étrange pour décompresser ?
Si vous n’en avez pas, je vous conseille celui-ci : c’est gratuit, ça défoule et c’est infiniment plus efficace qu’une séance de cardio.





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